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Tuesday, March 14, 2017

Les ravages des anti-douleurs aux États-Unis: ils sont la cause de l'épidémie d'héroïne



Publié le 14 mars 2017


Les États-Unis sont touchés par une épidémie de drogues sans précédent, les médecins prescrivent rapidement et facilement des antidouleurs tels que l'opioïde (similaire à l'opium) pour des raisons diverses: douleurs physiques, malaises mentaux.

Ces antidouleurs sont des médicaments reconnus pour leurs forts effets additifs, c'est pour cela que le Center for Disease Control and Prevention, (CDC) impose aux médecins de ne pas prescrire ce genre d'antidouleurs pour plus de trois jours. Cependant, plus d'un milliard de pilules à base d'opioïde ont été vendues en 2016.



L' opioïde est présent dans ce genre de médicaments sur le marché pharmaceutique américain: Aniléridine, Buprénorphin, Butorphanol, Carfentanil, Codéine, Diamorphine (héroïne), Dextropropoxyphène, Enképhalines, Endorphines, Fentanyl, Hydrocodone, Hydromorphone, Lopéramide, Méthadone, Morphine, Nalbuphine, Oxycodone, Oxymorphone, Pentazocine, Péthidine (mépéridine), Propoxyphène, Rémifentanil Sufentanil ,Tramadol.

Les médecins prescrivent plus que ce qu'ils ne devraient

Cependant, les médecins prescrivent régulièrement ces pilules pour 30 jours renouvelables. "L' opioïde ne tue pas la douleur, elle tue les gens" explique Dr. Donald Teater, un Conseiller médical au Conseil de Sécurité. "Les intentions des médecins sont bonnes et ils veulent aider les patients, mais cette épidémie prouve que nous avons besoin de plus de connaissances si on veut traiter la douleur des patients et la guérir", explique-t-il.
Lorsque les médecins refusent de prescrire de plus fortes doses, ou décident tout simplement d'arrêter de prescrire de genre de pilules, il n'y a aucune aide pour les patients maintenant dépendants à ce genre de drogues.


L'opioïde est considérée comme un médicament aux Etats-Unis, mais peut-être considérée comme une drogue dure dans d'autres. Cette drogue touche les Américains de tous bords sociaux.
Ce reportage de Frontline, de la chaîne de télévision publique Américaine PBS explique que "la plupart des utilisateurs étaient des hommes et des femmes blanches, vivant dans de riches banlieues".

Le reportage raconte le combat de Carrie, une mère au foyer, qui avait été prescrite de la vicodin après la naissance de son second enfant. Lorsque son ordonnance s'est arrêtée, elle est allée avoir un autre médecin, mentant sur sa condition pour avoir plus de pilules, augmentant à chaque fois la dose.
Elle allait dans différentes villes, différentes pharmacies pour ne jamais se faire repérer et sans réaliser après quelques années, que son addiction était en train de la détruire, "je prenais entre 300 et 400 pilules par mois," explique-t-elle dans le reportage.
Ce qui a commencé par de simples antidouleurs après un accouchement s'est rapidement transformée en addiction aux drogues dures, lorsque les pilules n'étaient plus suffisantes.
Pendant des années, sa famille ne s'est rendu compte de rien, alors qu'elle consumait entre 40 et 50 pilules par jour. "Personne ne m'a jamais dit que ça allait me rendre malade le jour où j'ai essayé d'arrêter ces médicaments" dit-elle. Carrie était dépendante et avait tous les symptômes d'un junkie essayant d'arrêter la cocaïne ou l'héroïne, prouvant à quel point l'opioïde peut être additif.

Son seul but était devenu de trouver de quoi la faire sentir mieux, antidouleurs ou pas. C'est comme cela que Carrie a commencé les drogues dures, cela lui donnait les mêmes effets que les médicaments.



Carrie, Frontline

"L'opioïde est comme l'école maternelle de l'héroïne, c'est comme ça que ça commence" explique Dr. Tom Maclellan, Directeur Adjoint de la Politique Nationale de contrôle des drogues.
Sans s'en rendre compte, Carrie a commencé à utiliser de la cocaïne, de l'héroïne au quotidien, perdant la garde de ses enfants, perdant sa maison, son mari, ses amis... jusqu'au jour où elle a pris la dose d'héroïne de trop.

Avec du temps et beaucoup d'aide Carrie s'en sont sortie, mais ce n'est pas le cas des 50 000 Américains décédés des suites d'une overdose en 2016 selon le Death Statistics at The Center for Disease contrôle and Prévention. 73% d'entre eux sont mort à cause d'une overdose d'opioïde.



Overdose d'opioide - Photo/YIPA

L'épidémie d'opioïde a mené le pays à une épidémie d'héroïne sans précédente. Environ 2 millions d'Américains sont aujourd'hui dépendants à l'héroïne.

Quel-est le rôle du gouvernement?

Le National Institute on Drug Abuse (NIDA) travaille avec des agences fédérales "pour préserver la santé publique du challenge de l'abus des ordonnances d'opioïde dans le pays" explique leur site internet.

Le dernier changement que le gouvernement a établi pour gérer cette crise d'héroïne était le 19 septembre 2016 lorsque Barack Obama a annoncé une "opioid and Heroin Epidemic Awareness week."
Il a également demandé en urgence au Congrès un budget spécial de plus d'un milliard de dollars pour trouver un nouveau traitement contre ce genre d'addiction.


“Pendant Opioid and Heroin Epidemic Awareness week, nous devons nous souvenir de ceux que nous avons perdus à cause de l'utilisation de l'opioïde, et nous devons de soutenir les personnes courageuses qui veulent s'en sortir, et nous reconnaissons l'importance de cette épidémie" a expliqué la Maison-Blanche ce jour-là.

Clementine Boyer Duroselle




Thursday, August 20, 2015

La Macédoine décrète l’état d’urgence face à l’afflux de migrants



Le Monde.fr | 20.08.2015 à 17h08 • Mis à jour le 20.08.2015 à 18h28




Le gouvernement macédonien a décrété jeudi 20 août l’état d’urgence, notamment dans le sud du pays confronté à un afflux de migrants souhaitant se rendre en Europe occidentale. Le pays explique dans un communiqué qu’il va engager les forces armées pour aider à gérer cette « crise ».
« En raison d’une pression accrue à la frontière sud et d’une migration intensifiée sur le corridor balkanique, il a été estimé qu’un contrôle plus important et plus efficace était nécessaire dans la zone frontalière, où l’on enregistre des passages illégaux massifs en provenance de la Grèce. »

Des milliers de migrants, syriens, mais aussi somaliens, pakistanais, afghans ou irakiens, affluent ces derniers jours dans le sud de la Macédoine, en particulier dans la ville de Gevgelija, à la frontière avec la Grèce. Ils espèrent monter dans des trains en direction du nord et traverser la Macédoine, puis la Serbie, pour se rendre ensuite dans les pays du nord de l’Union européenne.


Voir le récit interactif : La Macédoine, nouveau purgatoire des migrants sur la route de l'Europe
Recours à l’armée

Le gouvernement macédonien a également décidé de déployer des forces armées et d’installer un quartier général dans la zone touchée par l’afflux de migrants pour aider les autorités locales.

« Nous pensons que le recours à l’armée va produire deux effets escomptés : améliorer la sécurité pour nos concitoyens dans ces deux régions et permettre une meilleure approche des gens qui souhaitent demander l’asile », a déclaré le porte-parole du ministère macédonien de l’Intérieur, Ivo Kotevski, cité par l’agence de presse officielle MIA.
Des wagons pour transporter les migrants

La Macédoine avait mis en garde mercredi contre une « situation alarmante » et lancé un appel aux pays voisins pour lui envoyer des wagons pour transporter les migrants vers le nord, ses propres capacités étant saturées.

Depuis janvier, environ 160 000 migrants, en provenance surtout des zones de guerre en Syrie, en Afghanistan ou en Irak, sont arrivés sur des îles grecques d’Egée en provenance des côtes occidentales turques proches, selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés.

L’agence européenne Frontex a recensé une arrivée record de plus de 100 000 migrants pour le seul mois de juillet, un record depuis 2008.


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Saturday, August 24, 2013



 

























 
Henri Boulad (photo), né le 28 août 1931 à Alexandrie (Égypte), est un prêtre jésuite égyptien, et écrivain.
Le Caire, le 17 août 2013


L’Occident tout entier est outré, offusqué, scandalisé parce que l’armée égyptienne a osé déloger les Frères musulmans des deux bastions de Rabia et de Nahda, où ils s’étaient barricadés depuis plusieurs semaines. Bilan : plus de six cents morts dans les deux camps.

Aussitôt, les média bien pensants poussent des cris d’orfraie et demandent que le Conseil de Sécurité et les associations internationales des droits de l’homme condamnent avec la plus extrême fermeté cette sauvage agression.

Pauvres Frères musulmans victimes de la violence ! Ces gentils moutons, bien connus pour leur douceur et leur innocence, sont l’objet de procédés inacceptables. Il faut donc les défendre contre les loups dévorants de l’armée et de la police égyptiennes. USA, Grande Bretagne, France, Allemagne, Turquie, Onu… se lèvent alors comme un seul homme pour dénoncer l’injustice, défendre ces innocents et inviter le monde à voler à leur secours. Les média internationaux enfourchent aussitôt Pégase pour pourfendre les coupables…
Cette levée de boucliers pour réclamer et proclamer le droit de tout citoyen à manifester « pacifiquement » a quelque chose de tragi-comique.

Mais, passons aux faits :
- La mosquée de Rabaa, où s’étaient enfermés les Frères, était une véritable poudrière, où l’on a découvert un arsenal de guerre inouï. Aucune dénonciation de l’Occident.
- Depuis des semaines, les milices des Frères, armées jusqu’aux dents, sèment la terreur dans l’ensemble de la population d’Égypte : meurtres, enlèvements, kidnappings, demande de rançons, rapt et viol de filles mariées de force à des musulmans. Aucune réaction de l’Occident.
- Plus d’une vingtaine de postes de police pillés et brûlés ; près d’une cinquantaine de policiers et d’officiers massacrés et torturés de la manière la plus sauvage. Silence de l’Occident.
- Mausolées soufis détruits et familles chiites massacrées ne soulèvent aucune émotion internationale.
- Une cinquantaine d’églises, d’écoles et d’institutions chrétiennes brûlées dans la seule journée du 14 août. Aucune protestation de la part de l’Occident.
- Prêtres et chrétiens attaqués et tués – dont des enfants en bas âge – pour la seule raison qu’ils sont chrétiens. Aucune dénonciation occidentale qui serait taxée d’ « islamophobie », qui est aujourd’hui le crime des crimes.
- Près de 1500 personnes massacrées par les milices de Morsi au cours de son année de règne. Silence des médias
- Accords secrets de Morsi pour vendre l’Égypte à ses voisins, morceau par morceau : 40% du Sinaï au Hamas et aux Palestiniens, la Nubie à Omar el-Béchir, et la portion ouest du territoire à la Libye… Tout cela est pain béni pour l’Occident, puisque c’est son œuvre…

Lorsque l’Égypte décide enfin de réagir pour mettre un peu d’ordre dans la baraque… l’Occident crie à la persécution, à l’injustice, au scandale.

Ce n’est un secret pour personne que les élections présidentielles furent une vaste mascarade et que le scrutin fut entaché d’énormes fraudes. Malgré tout, les média persistent à affirmer que Morsi a été le premier président de l’histoire d’Égypte élu « démocratiquement » et qu’il a pour lui la « légitimité ».
Le peuple égyptien, qui a bon dos, a quand même accepté de jouer le jeu, en se disant : voyons-les à l’œuvre. Le résultat fut tellement catastrophique – insécurité, chômage, inflation, pénuries de pain et d’essence, économie en chute libre, tourisme agonisant… – que l’ensemble de la population, au bout d’un an, demande à Morsi de dégager.

En moins de deux mois, le mouvement « Tamarrod » rassemble plus de 22 millions de signatures réclamant son départ. En vain ! Face à son obstination, plusieurs dizaines de millions d’Égyptiens – dont une majorité de gens du petit peuple qui étaient ses anciens partisans – déferlent dans les rues des grandes villes pour exiger son départ. Encore en vain !

L’armée – jusqu’alors neutre – se décide à intervenir pour soutenir le peuple et écarter l’indésirable, qu’elle garde en résidence surveillée. Au cours de longues heures d’interrogatoire, elle obtient de lui des révélations d’une gravité exceptionnelle, qui compromettent aussi bien les Frères musulmans qu’un certain nombre de pays étrangers.

Face à la prise de pouvoir de l’armée, l’Occident crie aussitôt au « coup d’État ». Si « coup d’État » il y a eu, celui-ci fut populaire et non militaire, l’armée n’ayant fait qu’obtempérer à la volonté du peuple. Celui-ci, excédé par un président qui l’avait trompé, floué, berné, a donc, par une réaction de survie, réclamé son départ.
Une petite histoire très savoureuse illustre bien ce que je dis. Quelqu’un achète au marché une boîte de conserves qui, une fois ouverte, se révèle avariée. Que va-t-il faire ? La manger ou la jeter ? La jeter bien entendu. C’est un peu ce qu’a fait le peuple égyptien auquel Morsi et les Frères promettaient monts et merveilles. Une fois la boîte ouverte, il s’est aperçu que l’intérieur était pourri. D’où sa réaction de rejet.
Suite à l’exclusion de Morsi, l’armée a voulu quand même associer les Frères musulmans au nouveau gouvernement en leur proposant de faire équipe avec les autres tendances. Ils se sont heurtés à un refus obstiné et systématique.

Après de nombreuses tentatives infructueuses de dialogue et de négociations avec eux, un nouveau gouvernement provisoire est mis en place.

Ils décident alors de « prendre le maquis » et de semer la terreur, ce en quoi ils ont bien réussi. Mais cette stratégie ne fait qu’augmenter leur impopularité, et l’on peut dire aujourd’hui que le peuple égyptien les exècre et les honnit.

Equipés des armes les plus sophistiquées, ils s’organisent un peu partout pour brûler, attaquer, tuer, détruire…

L’armée décrète alors l’état d’urgence et impose un couvre-feu du coucher au lever du soleil. Mais les Frères musulmans s’estiment dispensés d’obéir. Hier soir, 16 août, de ma chambre, toute proche de l’avenue et de la place Ramsès grouillantes de leurs miliciens, j’entends explosions, coups de feu et tirs de mitraillette provenant des rues avoisinantes.

Après plusieurs sommations aux jeunes de rentrer chez eux, l’armée décide alors d’envoyer ses chars pour faire respecter le couvre-feu. Face aux dégâts probables, l’Occident bien pensant incriminera alors l’armée d’avoir eu le culot d’attaquer des manifestants « pacifiques »…
Mais de qui se moque-t-on ?…


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Friday, March 15, 2013

Austérité: les réactions d'Herman Van Rompuy, Elio Di Rupo et Ecolo



MONDE | Mis à jour le jeudi 14 mars 2013 à 17h47






Manifestation contre l'austérité: Herman Van Rompuy appelle à la patience


A l'heure où plusieurs milliers de travailleurs s'apprêtaient à défiler dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les politiques d'austérité menées en Europe, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a défendu la stratégie européenne de sortie de crise, estimant que celle-ci commençait à porter ses effets, "même si l'économie réagit toujours avec un certain délai". De son côté, Elio Di Rupo continue à plaider rigueur et relance, tandis qu'Ecolo réclame du changement.


Intervenant à l'issue du traditionnel sommet social de printemps réunissant les dirigeants de l'Union européenne et les partenaires sociaux européens, Herman Van Rompuy a rappelé l'objectif poursuivi: restaurer la confiance dans l'économie, rétablir des finances publiques saines par l'adoption de réformes structurelles, relancer l'activité et soutenir la compétitivité européenne.

"Mais il est vrai qu'on ne peut pas ne pas regarder la détresse sociale", a reconnu le président du Conseil alors que la précarité progresse en Europe, continent où l'on dénombre à présent 26 millions de chômeurs, dont beaucoup de jeunes.

Herman Van Rompuy a à cet égard défendu plusieurs éléments contenus dans le budget européen pluriannuel adopté le mois dernier, dont une initiative de 6 milliards d'euros pour les jeunes.

Partie prenante à ce sommet social, la secrétaire générale de la confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Segol, a tenu à mettre les leaders européens en garde contre les effets des réformes structurelles appliquées sous l'impulsion européenne.

"La confiance de la population est en train de se réduire, et ces gens ont aussi un droit de vote", a-t-elle rappelé à un an des élections européennes dont les résultats sont particulièrement redoutés dans ce contexte de crise.

"Les réformes structurelles dont il est question ne font que mettre la pression sur des personnes qui ont déjà payé les effets de la crise", a averti Bernadette Segol.

Vu l'anémie de l'économie et la montée du chômage, ce dont l'Europe a besoin à présent, c'est d'investissements, a encore jugé Bernadette Segol, plaidant en conséquence pour que les Etats membres puissent interrompre les politiques de restriction budgétaire.

Elio Di Rupo continue à plaider rigueur et relance

Le Premier ministre Elio Di Rupo a dit comprendre le message anti-austérité porté jeudi par les manifestants en marge d'un Sommet européen qui doit se tenir jeudi et vendredi à Bruxelles. "Je comprends la démarche et j'en tiens compte", a-t-il indiqué, soulignant la nécessité de forcer un équilibre alliant rigueur et relance, et pressant à cet égard le commissaire européen Antonio Tajani d'accélérer le processus de mise en place d'un plan industriel.

"Il faut un équilibre entre la rigueur, qui a permis au pays de retrouver la crédibilité, faut-il rappeler l'évolution du spread, les taux d'intérêt, et - la situation reste fragile, (...) - et en même temps, comme cela a été fait en Belgique, il faut œuvrer à une stratégie de relance européenne car on ne peut pas laisser les gens dans le désespoir", a indiqué Elio Di Rupo.

"L'objectif premier est le retour de la croissance", a souligné le chef du gouvernement. "La rigueur - et non pas l'austérité - et la relance, car on ne peut être laxiste", a-t-il insisté, paraphrasant l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) selon qui "l'austérité nuit à la santé".

La Belgique fait preuve de rigueur et attend de l'Europe qu'elle sorte un plan de réindustriualisation. Le commissaire européen à l'industrie, Antonio Tajani, s'est engagé à sortir ce plan pour février 2014, ce qui semble fort loin. Elio Di Rupo lui a demandé d'accélérer les travaux.

Le Premier ministre belge s'est également entretenu la semaine dernière avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Ecolo réclame du changement

En écho à la manifestation des syndicats et la tenue du sommet européen, le parti Ecolo, dans l'opposition au fédéral, juge "urgent" que l'Europe prenne "un autre cap social et environnemental", rejetant la réponse offerte jusqu'ici par les dirigeants de l'UE.

"Le carcan budgétaire dans lequel la Commission enferme les Etats ne permet en effet pas de dégager des moyens pour une réorientation de l'économie et créer l'emploi de demain. Il menace également les systèmes de protection sociale et l'indexation automatique de nos salaires", note Ecolo dans un communiqué.

Les écologistes réclament une révision de la trajectoire budgétaire européenne, la mobilisation de fonds pour relancer l'industrie européenne, une meilleure coordination fiscale, et la mise en place d'un mécanisme de droits sociaux et environnementaux pour mettre dumping pratiqué nombre de pays étrangers.

"Faute d'avoir pu interroger le Premier ministre Di Rupo avant le sommet de ces jeudi et vendredi, les Verts ne peuvent qu'espérer qu'il fera le choix de mettre ces questions à l'agenda et contribuera à un changement de cap plus qu'urgent et nécessaire pour sauver l'emploi et le bien-être dans toute l'Europe", conclut Ecolo.



Thursday, February 23, 2012

En meeting à Marseille, Nicolas Sarkozy se pose en "candidat du peuple"

DERNIÈRE MODIFICATION : 20/02/2012

- ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE - FRANCE - NICOLAS SARKOZY


En meeting à Marseille, Nicolas Sarkozy se pose en "candidat du peuple"

À Marseille, où il a tenu son premier grand meeting, le président français, qui brigue un second mandat à l'Élysée, s'est présenté comme le candidat qui "aime la France", avant de s'en prendre à son principal rival, le socialiste François Hollande.

Par Carlotta RANIERI (vidéo)
Caroline DELABROY , correspondante à Marseille (texte)

C’est sur une note personnelle que Nicolas Sarkozy a entamé son grand meeting, ce dimanche 19 février, à Marseille, quatre jours après sa déclaration de candidature à la présidentielle. Devant une salle comble d’environ 7 000 personnes - beaucoup ont dû rester dehors, faute de places suffisantes - le chef de l’État français sortant a voulu rappeler ses origines étrangères. "Beaucoup dans ma famille venaient de loin", a-t-il

LE PREMIER MEETING DE CAMPAGNE DE NICOLAS SARKOZY EN IMAGES

lancé avant de décliner son amour de la France, "des chansons, des musiques, des livres". Des villes aussi, de leur "façon d’aligner des maisons, de planter des arbres le long des routes".

Après cette entrée en matière aux accents bucoliques, il n’a pas fallu beaucoup de temps au président pour endosser les habits de candidat. Le discours est offensif, sans jamais nommer cependant son principal adversaire, le socialiste François Hollande. Celui qui se présente comme "le candidat du peuple de France et non d’une petite élite" fustige "ceux qui font comme si rien de grave ne s’était passé depuis trois ans dans le monde".

"Nous avons échappé à une catastrophe"

"Occulter la crise, ce n’est pas seulement malhonnête, c’est surtout dangereux, parce que l’on ne se défend pas contre des périls dont on nie l’existence", assène-t-il alors que la salle agite de nombreux drapeaux français. Au premier rang, l’épouse du chef de l’État, Carla Bruni-Sarkozy, est installée entre le Premier ministre, François Fillon, et le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, est aussi de la partie.

"Nous avons échappé à une catastrophe", a affirmé le président, se posant ainsi en protecteur des Français. Et de citer "ce qui est arrivé à l’ouvrier grec", au "retraité italien", au "chômeur espagnol" ou encore au "fonctionnaire portugais avec son traitement diminué de 25 %". Autant de situations à regarder de près, selon Nicolas Sarkozy, "si un Français en doute, s’il veut savoir à quoi nous avons échappé, ce qui aurait pu arriver à chacun si la France n’avait pas été assez forte".

Les 35 heures, la retraite à 60 ans, l’augmentation des impôts : sur tous ces thèmes, chers à la gauche socialiste, Nicolas Sarkozy a réaffirmé son "refus à ne pas sacrifier l’avenir au présent". "Aimer la France, c’est refuser d’aborder l’immigration par la seule posture idéologique", a-t-il aussi déclaré, avant de décocher une flèche encore plus précise à François Hollande, qui a déclaré, le 13 février, au quotidien britannique "The Guardian" être "libéral" : "Où est la vérité quand on ne dit pas la même chose selon l’interlocuteur auquel on s’adresse, quand on dit tout et son contraire lorsqu’on est d’un côté de la Manche ou de l’autre, quand on fait semblant d’être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris ?"

"Mieux vaut quelqu’un de caractériel que mou"

À ces mots, les militants applaudissent à tout rompre. Beaucoup soutenaient déjà le candidat en 2007. Sylvie, 44 ans apprécie toujours "l’homme solide, qui prend ses responsabilités et ne tergiverse pas". "Mieux vaut quelqu’un de caractériel que mu", tranche sa maman, 67 ans, venue avec elle depuis Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Alexandre, 24 ans, arbore un tee-shirt de soutien aux couleurs du candidat Sarkozy, mais le cœur n’y est plus. Il y a cinq ans, cet informaticien collait les affiches, était de toutes les manifestations. Là, il ne fera plus une campagne aussi active. La loi Hadopi, qu’il qualifie de "censure internet", est notamment passée par là. "Je viens le soutenir car c’est le candidat naturel de l’UMP, déclare-t-il. Mais je fais partie des gens qui ont convaincu beaucoup de gens du FN [Front national, extrême droite] de voter pour Sarkozy en 2007. Et sur les questions d’identité nationale, il a tout cédé face aux associations".

Dans la foule des militants, Christian 38 ans, et Francis, 41 ans, venus de Montpellier (Héraut), ne sont pas des déçus. Cette entrée en campagne du candidat, ils l’attendaient avec impatience. "La France a tenu bon par rapport à la crise", se félicitent-ils. Président des jeunes UMP des Alpes-de-Haute-Provence, Sabri, 19 ans, attendait aussi ce "moment de convivialité". "Je suis issu de la diversité, j’ai des convictions, ce qui n’est pas le cas de tous les gens qui sont à l’UMP qui pensent que le parti est un club de riches", affirme-t-il. Regrettant le passé "bling-bling" du président, il dit adhérer "aux valeurs de droite", celles de la "méritocratie et de vérité dite". Quant au démarrage très droitier de la campagne de Nicolas Sarkozy, dont les observateurs ont dit qu’il cherchait les voix du FN, il ne se dit pas dupe. "Vous verrez au second tour, Henri Guaino [la plume de Nicolas Sarkozy] va lui faire des discours à la Léon Blum !"



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Friday, December 16, 2011

UNI soutient les protestations contre les plans d’austérité en France

12/14/2011 France newsImage


5 syndicats français ont organisé 200+ actions mardi pour protester contre les mesures d’austérité qui font injustement porter le fardeau aux salariés et ne feront que prolonger la crise économique.

UNI est solidaire des syndicats français CFDT, CGT, FSU, Solidaires et UNSA dans leur lutte pour trouver une solution juste et équitable à la crise et protéger les travailleurs et leurs familles.
Ces actions en France s’inscrivent dans une vague de protestations des travailleurs en Europe contre les sévères mesures d’austérité qui font porter un fardeau disproportionné aux travailleurs et aux populations vulnérables. Des millions de travailleurs en Europe sont descendus dans les rues pour protester contre les mesures d’austérité au Portugal, en Irlande, au Royaume-Uni, en Grèce, en Belgique, en Lituanie. Les protestations en France ont lieu un jour après que des millions de travailleurs italiens aient observé une grève de 3 heures contre les coupes dans les retraites et autres mesures d’austérité.

“Les travailleurs descendent dans les rues parce qu’ils n’ont pas les moyens d’assumer le prix élevé qu’on leur demande de payer pour la crise financière » a déclaré le Secrétaire régional d’UNI Europa, Oliver Roethig. « Les travailleurs n’ont pas provoqué la crise et ils ne doivent pas en payer les frais. La seule autre solution est d’aider les familles des travailleurs à se remettre sur pied et à reconstruire l’économie depuis la base ».

Vous pouvez lire la déclaration des syndicats français ici : http://www.cgt.fr/CFDT-CGT-FSU-Solidaires-UNSA,38786.html  



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Monday, October 18, 2010

1.000 stations-service sans essence

Une station est fermée pour rupture de carburant, à Saint-Denis-Les-Bourg, dans l'Ain. Photo prise le 16 octobre. © MAXPPP

Au moins un millier de stations-service sont à sec. Officiellement, il n’y a pas pénurie.

>>> La carte des stations-services sans essence, CLIQUEZ ICI.

Alors que le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de pénurie de carburant, l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP) - qui représente la grande distribution -, a assuré lundi matin que de nombreuses stations-service étaient en rupture de stock d'essence et de diesel. "On peut penser que sur les 4.000 stations de la grande distribution, qui distribue 60% du carburant en France, 20% à 25% (des stations) sont touchées", a affirmé Alexandre de Benoist, délégué général de l'UIP. En tout, un millier de stations serait concerné.

Le site Carbeo.com a mis en ligne durant le week-end une carte des stations-services à sec. Il a recensé 560 stations-services en milieu de matinée dans lesquelles l’essence et le diesel sont en rupture totale ou partielle.

Et le site automoto.fr a ouvert un forum où les automobilistes peuvent indiquer, département par département, les endroits où trouver du carburant.

Paris en manque d'essence
L'Ile-de-France est la région la plus touchée par le manque de carburant, selon la carte de Carbeo.com. Le nord de la France, ainsi que le Grand-Ouest sont également fortement concernés. Carbeo.com propose aux automobilistes d’envoyer un mail pour actualiser la carte en temps réel.

Mais le manque de carburant gagne aussi les régions rurales. La situation est "extrêmement préoccupante" dans les quelque 3.500 stations-service des distributeurs indépendants, qui sont situées pour la plupart dans les zones rurales, a annoncé lundi leur fédération.

Les régions les plus touchées :
Les régions les plus touchées sont la Normandie, la Champagne, la Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Rhône-Alpes, le Midi Pyrénées, l'Auvergne et le Limousin. Parlant de "pénurie", le syndicat demande au gouvernement de mettre en place "immédiatement un système de répartition équitable (...) afin de garantir à tous les réseaux de distribution, indépendants compris, une ressource minimale sur les produits disponibles".

"Il y a des régions qui sont dans une situation plus favorable que d'autres", a assuré Alexandre de Benoist. Le Nord est par exemple mieux logé que l'Ouest. "La Bretagne est dans une situation très inquiétante", a-t-il expliqué. "Tous les dépôts de Bretagne rencontrent une difficulté actuellement. Soit ils sont bloqués de l'extérieur, soit ils sont en grève (...) ça provoque une vraie rupture d'approvisionnement sur les stations", a-t-il indiqué faisant état notamment de la fermeture de ceux de Lapalisse et de Donges.

"Ça ne devrait pas s'aggraver"
"Toutes les heures, la situation évolue", a expliqué Alexandre de Benoist sur Europe 1. "Mais on peut penser aujourd'hui que la situation ne s'aggravera pas parce que les pleins ont été faits ce week-end par les automobilistes. Par ailleurs, certains dépôts continuent à fonctionner et on va pouvoir réapprovisionner un certain nombre de stations. Donc on peut penser la situation restera globalement stable", a-t-il tenté de rassurer. Toutefois, a-t-il précisé, cela dépendra des conséquences de la journée d'actions nationales de mardi.

"Pas de pénurie"
Pour autant, le gouvernement se veut rassurant. Plusieurs ministres ont assuré dimanche qu'il n'y aurait pas de pénurie d'essence, à l’image de François Fillon. "Je ne laisserai pas l'économie française étouffer par un blocage de l'approvisionnement en carburant", a déclaré le Premier ministre sur TF1.

Les pétroliers ne se veulent pas alarmistes non plus. Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), a estimé dimanche qu'"on va vers une situation normalisée" en termes d'approvisionnement des stations-service en carburant.
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Monday, July 5, 2010

Les emplois dans les associations résistent mieux à la crise

[ 05/07/10 - 18H00 - Les Echos - actualisé à 18:00:40 ]

L'emploi dans le secteur de l'économie sociale a progressé de 1,5% entre 2008 et 2009, quand le secteur concurrentiel perdait 2,2% de ses postes.
MARIE BELLAN, Les Echos

Lentement mais sûrement. Les créations d'emplois dans le secteur de l'économie sociale poursuivent leur progression. Ce secteur, qui regroupe des entités aussi différentes que les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations, a connu entre 2008 et 2009 une hausse du nombre de ses emplois de l'ordre de 1,5%, contre 1,1% entre 2007 et 2008, selon les chiffres de l'organisme Recherche et Solidarités (1) que «Les Echos» révèlent en avant-première. Dans le même temps, le secteur concurrentiel perdait, lui, 2,2% de ses postes. Sur les dix dernières années, le nombre de salariés de l'économie sociale a également évolué plus vite que celui de l'ensemble du secteur privé. Depuis 2000, l'économie sociale ainsi a gagné 380.000 emplois, soit une augmentation de 20%. Ces bons résultats s'expliquent surtout par l'évolution observée dans les associations, moins soumises que les entreprises aux aléas de la conjoncture. Les associations ont, d'ailleurs, une place prépondérante dans ce secteur puisqu'elles représentent 83% des établissements et 77% du nombre de salariés. Mais leur faiblesse tient à l'atomisation de leurs effectifs (4,7% seulement dépasse les 50 salariés) et au temps de travail parfois très partiel proposé aux salariés. «On observe cette année une augmentation des rémunérations dans les associations qui tient à la fois à l'augmentation du salaire horaire pour certaines, mais aussi à l'augmentation du temps travaillé, notamment dans le secteur de l'aide à domicile, qui s'est beaucoup restructuré», souligne Jacques Malet, président de Recherches et Solidarités.

Les coopératives ont en revanche davantage souffert de la crise puisqu'elles ont perdu 7.000 emplois en 2009 (-2,2%). Un affaiblissement qui s'explique par leur positionnement, très proche en termes de débouchés de celui des entreprises privées.

Cette bonne résistance de l'économie sociale à la crise pourrait-elle être remise en question par une baisse des subventions publiques, rigueur budgétaire oblige ? Jacques Malet se veut optimiste : «Pour 1 euro investi dans une association, c'est trois fois plus de valeur qui va être créée grâce au bénévolat. Le retour sur investissement est donc très bon pour les collectivités locales, notamment les conseils généraux qui subventionnent souvent les associations, plaide-t-il. Mais la période de rigueur qui s'annonce va sûrement pousser à davantage de concertation entre les acteurs du secteur et les bailleurs publics sur la pertinence des projets, leur utilité sociale et leurs retombées, reconnaît-il. Et cela devrait pousser les associations à mutualiser davantage leurs moyens.»
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Monday, September 14, 2009

Barack Obama réaffirme sa volonté de réformer le système américain de réglementation financière


14/09 19:15 CET
Crise financière
monde



Le président américain Barack Obama a tenu lundi à New York tout près de Wall Street à réaffirmer sur le devant de la scène sa volonté de réformer la réglementation financière, un an jour pour jour après le dépôt de bilan de la vénérable banque d’affaires Lehman Brothers dont l’onde de choc s’est propagée à toute l‘économie mondiale.
“Nous ne reviendrons pas, a prévenu Barack Obama, aux jours des comportements irresponsables et aux excès incontrôlés qui étaient au coeur de cette crise oú trop de gens étaient motivés par le goût des marchés vite expédiés et des primes juteuses. A Wall Street on ne peut plus recommencer à prendre des risques sans en calculer les conséquences.”
Devant de hauts dirigeants de la finances, à deux pas de Wall Street donc, le président américain a pressé les établissements financiers à agir sur la question des primes exorbitantes versées à leurs dirigeants sans attendre que les parlementaires américains légifèrent.
Dans son discours, le président américain a également reconnu que Washington et Wall Street s‘étaient rendus coupables d’une défaillance collective du sens des responsabilités dans la crise financière des derniers mois.



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Friday, November 7, 2008

Sarkozy veut convaincre l’Europe, avant Washington


Économie 7 nov. 6h51


Le chef de l’Etat donne cent jours aux pays du G20 pour élaborer des propositions afin de réformer les marchés.


GRÉGOIRE BISEAU


Il ne sera pas dit que Nicolas Sarkozy se sera couché devant l’ampleur de la tâche. Déterminé à faire accoucher de cette crise financière au moins quelques mesures labelisables sous le titre de «réforme du système financier mondial», il a donné à ses partenaires du G20 «cent jours», à compter du 15 novembre, pour aboutir à «des propositions concrètes et opérationnelles». Soit le 23 février, dernier délai, pour rendre sa copie. Un mois seulement après la prise de fonction de Barack Obama. Alors que l’administration américaine avait déclaré en début de semaine qu’il ne fallait justement pas «s’attendre à des mesures concrètes» après la réunion de Washington du 20 novembre, Nicolas Sarkozy semble déterminé à profiter de cette période de transition entre les équipes de Bush et d’Obama pour imposer sinon ses vues au moins son rythme.

Accueil tiède. Aujourd’hui, et juste avant un G20 des ministres des Finances qui se tiendra ce week-end à São Paulo au Brésil, le «Sarko Tour» s’arrête à Bruxelles. Le président français réunit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne pour tenter d’afficher une position commune sur son projet de «réformes du système financier mondial». En début de semaine, un premier projet de conclusions avait été soumis aux ministres des Finances de l’Union. L’accueil fut tiède. Les Anglais l’ont jugé «trop détaillé» et demandé de revenir à des principes plus généraux. Et les Allemands étaient très agacés par le projet français de vouloir créer un «gouvernement économique de la zone euro». Et sur le fond ? «Il y a un vrai consensus avec la majorité des pays européens», assure une source proche de la présidence française. Mais comme souvent dans ces exercices, les gros problèmes sont dans les petits détails.

Si Français et Allemands sont, par exemple, plutôt en phase sur le diagnostic général de la crise, la question de la régulation des hedge funds continue d’empoisonner les deux pays. Berlin tient, depuis longtemps, à une régulation stricte de ces fonds d’investissement de très court terme, qui fonctionnent le plus souvent par recours à l’endettement. «On a une approche plus libérale que les Allemands sur la question», reconnaît un fonctionnaire français. Les Allemands, eux, seraient favorables à des règles prudentielles strictes qui, de fait, limiteraient l’activité de ces fonds. La France est bien plus prudente. Et pour se justifier, elle laisse entendre que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne voudront jamais d’une régulation aussi générale.

Nuance. Autre sujet de désaccord, avec la Grande Bretagne cette fois : l’avenir du FMI. Même si la quasi-totalité des Européens sont d’accords pour donner plus de pouvoir macroéconomique au FMI et réformer son mode de gouvernance pour mieux représenter les nouveaux pays émergents, les Anglais (contrairement aux Français) ne voient pas d’un très bon œil l’avènement d’une institution internationale capable, demain, de jouer le rôle de «supergendarme des marchés financiers». Concernant le rôle du FMI, le texte, dans sa nouvelle version, a d’ailleurs remplacé l’expression de «surveillance financière» par celui «de stabilité financière». Petite nuance. Mais grosses conséquences.

Thursday, October 9, 2008

Accalmie sur les marchés avant les grands rendez-vous financiers du week-end

Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, le 8 octobre à Washington


AFP - Jeudi 9 octobre, 13h37

PARIS (AFP) - Un calme tendu régnait jeudi sur les marchés boursiers, ouverts à la hausse en Europe, après l'appel au calme des responsables internationaux et à la veille de grands rendez-vous financiers à Washington.

A 09H15 GMT, la Bourse de Londres gagnait 2,59%, celle de Paris 2,94%, et celle de Francfort 1,81%. Tokyo a perdu 0,50% au lendemain de son plongeon historique de 9,38%.
Après l'électrochoc des baisses de taux concertées lancées par six grandes banques centrales occidentales et l'annonce par Londres d'un plan de soutien aux banques, les grands argentiers internationaux ont soufflé le chaud et le froid.
"Certaines institutions financières vont faire faillite" aux Etats-Unis en dépit des récentes mesures, a averti le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson, en appelant à la patience face aux turbulences sur les marchés "qui ne vont pas se terminer rapidement".
Il n'existe "pas de solutions immédiates ni faciles" à la crise financière internationale, a estimé jeudi le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, qui a salué l'action des grandes banques centrales.
"Reprenez vos esprits!", a lancé de son côté aux investisseurs le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet , voyant dans la baisse concertée des taux d'intérêt "un signal de confiance au marché".
"Le pessimisme excessif est très mauvais conseiller", a-t-il dit, ajoutant que l'importance de ces mesures ne devait pas se mesurer "à l'aune des évolutions instantanées" des marchés.
Signe de la grande volatilité des marchés, les deux Bourses de Moscou RTS et Micex se sont envolées. Le RTS était en hausse de 13,23% à 09H15 GMT, tandis que les cotations ont été suspendues jusque lundi sur le Micex, dont l'indice bondissait de 15,77% à 08H40.
Le week-end s'annonce très chargé à Washington: les responsables du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) s'y réunissent vendredi pour discuter des moyens de "renforcer (leurs) efforts collectifs" face à la crise, a précisé M. Paulson.
Le communiqué final prévu vendredi vers 22H45 GMT est très attendu des marchés. Après avoir pendant des années donné des leçons de libéralisme et de bonne gouvernance lors des G7, les Etats-Unis, cette fois en position d'accusé dans la crise mondiale, risquent d'avoir du mal à rassembler leurs partenaires.
Washington accueillera également à partir de samedi des réunions du Groupe des 20 (G20), rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
La chute des marchés a été accentuée par les sombres perspectives du FMI pour l'économie mondiale, annonçant un coup d'arrêt brutal à la croissance, qui n'atteindrait que 0,1% aux Etats-Unis et 0,2% dans la zone euro l'an prochain.
Par ailleurs, les mesures de restructuration bancaire se poursuivent en Europe.
En Islande, l'Etat a pris le contrôle de la première banque du pays. Avec cette nationalisation de la banque Kaupthing, les trois plus grands établissements bancaires de l'île, en proie à une grave crise financière, sont désormais sous le contrôle du gouvernement.
Les Etats belge, français et luxembourgeois ont décidé pour leur part d'apporter leur garantie au bancassureur franco-belge en difficulté Dexia, pour lui permettre d'emprunter sur les marchés, après avoir partiellement nationalisé l'entreprise la semaine dernière.
Comme à Tokyo, où l'indice Nikkei 225 a cédé en clôture 45,83 points (-0,50%) à 9157,49 points, après avoir alterné toute la journée entre la hausse et la baisse, l'accalmie était sensible sur les autres marchés asiatiques.
La Bourse de Shanghai a perdu 0,84% et celle de Taïpeh 1,45%. Sydney a cédé 1,50% et la Bourse de Nouvelle-Zélande 0,13%.
En revanche, la Bourse de Hong Kong a gagné 3,31% en clôture et Séoul 0,64%, les chasseurs de bonnes affaires profitant de la chute de la veille pour racheter à bon prix. A Jakarta, les activités sont restées suspendues après une chute de 10% mercredi en séance.
"Les marchés restent sceptiques quant à la coordination internationale pour faire face aux problèmes du système financier", a expliqué une note des économistes de Barclays Capital.
La plupart des Bourses des monarchies pétrolières du Golfe ont progressé à l'ouverture jeudi après de lourdes pertes cette semaine. A Oman, le Muscat Securities Market enregistrait la plus forte progression (+7,8%) à plus de 7.000 points, tandis que le Kuwait Stock Exchange, la deuxième bourse arabe, gagnait 3,53%.


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